Tag Archives: ngada

Au pays Ngada

Bajawa est une petite ville de montagne au coeur du pays Ngada. Ici les traditions sont fortes et il reste plusieurs villages traditionnels avec de très vieilles maisons. Le premier hôtel où Catherine et moi passons est complet. Enfin, toutes les chambres sont vides mais « it’s full ». Des rénovations probablement. Le second a l’air correct et c’est le moins cher de la ville. Au point de ne pas avoir de réception. On ne trouve personne. Le troisième est le bon. L’Edelweiss est un chouette petit hôtel avec des employées charmantes et un bon petit-déjeuner!

Nous passons une première journée à voir trois villages traditionnels ngada en moto. La route serpente au milieu des montagnes et un joli point de vue, chez Manolo, laisse entrevoir la mer au loin, le grandiose mont Inerie à la forme parfaite et plusieurs villages, dont Bena, le premier village où nous nous arrêtons. C’est le plus connu et le village n’a pas dû beaucoup changer ces dernières décennies. Ici pas d’internet, pas d’électricité, pas  de téléphone. Juste deux rangées de vieilles maisons typiques avec gravures sur le bois, toit en chaume et cornes de buffles sacrifiés en guise de décoration. Au milieu une place sur laquelle se trouvent plusieurs ngadhus, symbole mâle en forme de parasol de trois mètres de haut, et bhaga, symbole femelle, version miniature de maison ngada. On a la chance de voir le village en basse saison. Pas un touriste. En fait il n’y a presque plus personne, juste quelques vieilles tissant l’ikat, tissu traditionnel indonésien et quelques enfants rigolos. A mon passage, les vieilles dames sourient pleinement, montrant leurs dents rougies par le betel mâché à longueur de journée. Les habitants sont apparemment partis à une cérémonie religieuse dans un autre village. Ici animisme et christianisme s’entendent à merveille. Du village on a un point de vue sur la vallée splendide. Je pourrais passer des heures à contempler la vue, à écrire, photographier les habitants.

Le second village visité est magnifique, mais une cérémonie religieuse sous une tente gâche la vue. En cherchant à manger nous sommes invités par un jeune dans sa famille. On laisse quand même un peu d’argent. En fin de journée nous passons à Wago. La partie traditionnel du village est pleine d’enfants qui chahutent et jouent dans un bus, ou participent à un match de foot. Au moment de partir nous sommes invités à nous joindre à une grande fête de famille. Du riz (et de la viande pour Catherine) est offert. Tout le monde est un peu saoul, l’heure est à la fête et on rit beaucoup. je fais plusieurs portraits réussis et goûte un vin de palme correct pour une fois, avant de repartir avant la tombée de la nuit.

Le second jour est consacré au Wawo Muda et à des sources chaudes. Le Wawo Muda est un très jeune volcan en haut duquel se trouve un lac. Malheureusement asséché. La balade est quand même agréable, ça fait du bien de marcher un peu. L’après-midi nous retrouvons Belinda, croisée à Labuan Bajo, et Julie, une italienne venant de la partie allemande de l’Italie (et oui, ça existe). Tous les quatre partons pour les sources chaudes de Mangaruda. C’est payant mais ça vaut le coup. Pour je ne sais quelle raison on se retrouve dans un grand bassin d’eau chaude, seuls, alors que l’endroit est plein à craquer. Bassin VIP? Pour ceux qui savent nager (trois indonésiens nous rejoignent)? En tout cas la centaine de gamins qui débarque soudainement se fait vivement engueuler. On passe ensuite dans la rivière où se déverse par une petite cascade l’eau brûlante. Le mélange est agréable et surprenant, comme dans un spa j’imagine. Je reste allongé un moment sur les rochers glissants, savourant ce moment détente.

Avant de partir pour Riung en compagnie de Catherine et Julie, je filme le marché de Bajawa, ses vendeuses de fruits, dont la délicieuse marquisse, une sorte de fruit de la passion dont je me gave. Des gamins traînent. A midi on mange une dernière fois au Warung Surabaya, un des plus déliceux warungs où j’ai mangé en Indonésie. Je suis juste un peu déçu de ne pas avoir eu les moyens de voir Belaraghi, un village isolé qu’on atteint après plusieurs heures de marches en montagne, mais le seul guide qui l’organise propose un prix largement au-dessus de mon budget. Il essaie de sauver ce lointain village grâce au tourisme. Une belle initiative. Les vidéos qu’il me montre me donnent envie de revenir. Un jour, peut-être…

Posted in Voyages | Also tagged Leave a comment
UA-21687298-1